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jeudi 12 juillet 2012

Adieu Berthe - Bruno Podalydès - 2012















Comment dire. Ce n'est pas que le film soit mauvais, mais plutôt qu'il n'atteint pas son but. On ne ris pas, pire, on s'ennuie. Mise à part les quelques jeux de mots déjà connues puisque issues de la bande annonce, le film s'avère être une longue et mauvaise comédie française.

Podalydès essaye de créer une ambiance particulière.

L'image que le film essaye de véhiculer à savoir de la comédie déplacée et provocatrice n'est pas au rendez-vous.


Le seul véritable atout reste la présence de Valerie Lemercier au casting. Elle insuffle au film une energie, une fougue, qui sans elle aurait été totalement absente. Ouf. 


Les Inrocks adore, normal, c'est long. Et pas bon.

dimanche 26 février 2012

Après 4 mois d'interruption le blog reprend du service. Bref, commençons par Polisse vu dernièrement.


Polisse
Maïwenn
2011

"Le cinéma français n'est pas mort"

Le cinéma français n'est pas mort quoiqu'en dise Matthieu Kassovitz, il est bel et bien vivant. Maïwenn confirme ici son acuité pour la réalisation.

Les acteurs, de véritables bêtes de scène, sont tous impressionnant. Que ce soit Marina Fois, Karine Viard, et bien sur Didier Morville (alias Joey Starr).

Avec un sujet difficile le choix de découper son film en saynète dramatique permet ainsi de representer la diversité des activités des policiers que l'on suit mais aussi de rendre palpable la dimension humaine, la difficile séparation entre vie pro et vie privé. 

Le seule défaut majeur du film est l'égo de sa réalisatrice. Il est entendu qu'un film contient une part d'intime, que chaque réalisateur ajoute une pincée de lui dans ses réalisations. Mais avec Maïwenn, c'est maladif. Elle ne peut s'empecher de se mettre en valeur, de faire d'incessantes mises en abime de sa propre situation.

Elle filme les acteurs non pas comme des artistes, des professionnels, mais comme des amis, des amours. Cela est particulièrement remarquable avec Joey Starr, qui est filmé avec un . On ne peut s'empêcher de penser que Maïwenn manque d'un brin de maturité. A fleur de peau, on ne lui enlèvera pas sa sincérité par contre.

Cette sincérité est aussi ce qui fait la réussite de ses deux derniers films (Polisse, Le bal des actrices). Un défaut qui s'avère être un gage de qualité, un gage d'authenticité.

Bravo.



mercredi 12 octobre 2011


La guerre est déclarée
Valérie Donzelli
2011

"Réalisé simplement, l'immersion est pourtant totale."

Liberté.
Mme Donzelli réussi là où de nombreux ont échoués, réussir à émouvoir avec une histoire d'amour, l'histoire d'une lutte permanente contre la maladie sans jamais être dans l'apitoiement, le regret ... Réalisé simplement, l'immersion est pourtant totale. On est là, avec eux, en toute intimité. C'est beau.

Si l'on compare "La guerre est déclaré" à de nombreux films français sorties récemment ("Tomboy" par exemple), le jugement est sans appel : meilleur, réussi, immense. Donzelli réussi là où Sciamma échoue : construire un récit sensible, drôle et touchant.

Car ce film, au delà de sa tristesse inhérente au sujet, nous fait rire, presque trop d'ailleurs. Chacun des personnages en jouent et le jouent à merveille. De la mère bourgeoise à la famille lesbienne, tous poussent le film dans le même sens, vers un seul et même objectif : montrer le sourire dans le combat. Ne pas s'apitoyer, combattre même si cette lutte s'avère vaine - apriori.

L'intelligence de la réalisatrice ne s'exprime pas seulement dans la direction d'acteur. En effet, une des grandes qualités du film se situe dans l'écriture de l'histoire, concevoir des relations émotionnelles, des métaphores. Le montage embelli d'autant plus le travail de la réalisatrice. Certains montages (association de la course à pied et de la répétitivité de l'acte médicale), simple et naif en apparence, prennent tout leur sens au fur et à mesure que le film se développe.

Vous voulez regarder un film sensible qui émeut vraiment ? Retenez "La guerre est déclarée" dans votre mémoire de cinéphage.

lundi 13 juin 2011


Les petits mouchoirs - Guillaume Canet - 2010

Synopsis : Partir en vacances ensemble. Loin du travail et des amis.

Grosse production française, attention, ça pleure dans les chaumières. Il est vrai que la règle dans la superproduction française à gros casting, il faut que ça pleure. On peut donc dire que le pari est réussi. 

Les petits mouchoirs est une sorte de super montagne russe cinématographique qui nous émeut durant 2h30. Autant dire que c'est long, parfois ça radote mais on en sort plutôt content. La grosse faiblesse du gros manège à sentiment du machiniste Canet est les incessantes montées en émotions qui plombent le film. On aura tout vu, le coming-out, le pétage de plomb, le largage en direct, la solitude, etc. Bref, c'est une sorte de patch-work sentimentale qui ne cesse de nous malmener. On aimerait bien que le film avance simplement sauf qu'une histoire en chasse une autre inlassablement et que tout est vite vu, passé rapidement pour distraire souvent et que jamais le spectateur ne s'ennuie ! Dommage.

On croirait que Canet a voulu tout faire, tout montrer, tout, ce qui rend le film assez indigeste. Indigeste aussi sur les classes sociales représentées. Dans des temps où la précarité rime avec quotidien, Canet n'a rien trouver mieux que de montrer la lâcheté d'une bande de bobo parigos qui boit du bon vin à toute heure et se paye des vacances grand standing en bord de mer. C'est presque choquant.

Les acteurs, parlons on. Vu la pléiade, y'a de quoi en faire une critique entière. Tout comme les histoires secondaires, y'a trop d'acteur, ça en devient étouffant. Il est clair que Gilles Lellouche sur-classe bon nombre d'acteur 'établi'. Mention spéciale à Marion Cotillard qui passe pour la babs branchouillé qui fume pète sur pète et boit rouge sur rouge avec toujours le sourire au lèvre, une vraie tête à claque ! Parfois touchante tout de même, rendons à Marion ce qui appartient à Canet ...

Canet a voulu faire une comédie dramatique populaire en mélangeant les genres cinématographiques. On y retrouve de belle images, des contres jours et une photographie sur certains plans dignes d'un bon film indé américain, on y retrouve aussi une caméra qui suit les personnages à la façon d'un Noé comme pour mieux nous immiscer dans l'univers (cf. La scène d'intro brillamment réalisé). Bref, Canet utilise tous les artifices du cinéma pour réaliser un bon film, certes pathos, mais agréable. Populaire quoiqu'on en dise. 

Le film est réussi si l'on considère qu'un bon film est un film qui atteint son but et non une certain beauté inhérente à l'Art. Alors bon nombre de mauvais films peuvent être réussi dans un sens ...



samedi 11 juin 2011


Tomboy - Céline Sciamma - 2011

Synopsis : Une fille, un garçon, une personne.

Bizarrement lorsque j'arrive à repérer les images et plans vus auparavant dans la bande annonce, ça s'annonce mal. Ce film avait tout pour me plaire : un scénario minimaliste, des plans chiadés, une belle photographie, un musique d'un producteur hype parisien, une caméra qui ne tient pas en place. Bref un bon gros film indé parisien. C'est justement là que le bat-blesse. Le film s'auto-alimente de clichés qui rendent certains film français totalement complaisant et snob. 

C'est un bon film d'école bien lisse, bien propre, qui dérange et arrange personne. C'est vrai que cela est jolie à regarder et à entendre. Sauf que derrière les images, il faut un récit, une substance sentimentale qui cimente l'histoire. Une colonne vertébrale faite d'émotion et de vécue. Tomboy a le mérite d'essayer (la relation familiale est plutôt bien traitée, les deux gamines sont exquises) mais cela ne suffit pas. Il manque surtout un point de vue. L'acte de réalisation me semble si loin, trop détachée ce qui donne au film l'impression de n'être pas dirigé, ni conduit de façon forte.

A bien y regarder de près, le film a l'allure d'un grand film sauf qu'avoir une attitude branchouillé ne suffit pas pour réaliser un film sincère et en dehors des sentiers battus à la Gus Van Sant. Prétendre toucher les problèmes liés à l'adolescence tel que le regard au corps, l'identité, les jalousies et vie familiales avec ce film, c'est mentir. Le film relate simplement une anecdote, une bêtise qui présage un malaise profond sans jamais le montrer. A force de ne vouloir rien dire et tout suggérer sans arrêt, le film ne nous dit vraiment pas grand chose et est vide de toute humanité.

Bref, malgré cette pluie de critique, j'ai relativement bien aimé le film. Mon plus grand regret, c'est de ne pas aimer le hype.

samedi 4 juin 2011


Seul contre tous - G. Noé - 1998

Synopsis : L'ennui et la soumission font des dégâts, laisse des traces, indélébiles.  

Moral. L'intrigue du film peut se résumer avec cet unique mot. Jusqu'où un réalisateur peut aller pour dénoncer, provoquer ? Jusqu'où la provocation peut aller sans tomber dans le mauvais gout voire le fanatisme et la perversion de la chose, à la base, dénoncée. Il y a autant de réponse que d'avis sur les films de Noé. Il n'y a pas de "vérité" lorsque le cinéma -et plus particulièrement celui de Noé- touche à l'affect, au corps et à la filiation.  Cependant une chose peut être dite en toute sincérité et objectivité : Seul contre tous nous remut les tripes. Par la forme, par le fond.

Les effets de caméra nous assome. Les ponctuations sonores ne nous laissent pas un temps de répit. La forme du film réunit l'ensemble des effets de style désuets que l'on retrouve dans les mauvaises séries B des années 90. Insupportable, oui, mais face à ce qui se joue devant nos yeux, les zooms incessants et autres tics sonores semblent à leur place. Ils existent car l'énergie du film les rend évident. Ils ponctuent le propos de Nahon. Ils le soulignent, le contredisent. Bref, ces effets contribuent au sens et à la tension émotionnelle du film. Les effets ne sont pas esthétiques mais présents par leur force à captiver, enfermer notre attention, dans un sens à l'assujettir au film ! Les titres, de la même façon, nous impose un angle, un point de vue,  celui de Nahon -et non pas celui de Noé hein les copains cinéaste!- et permettent ainsi de confronter la fiction du discours (les monologues de Nahon) à notre propre reflexion (titre). On se pose des questions, on s'interroge ... Bref, ce film ne laisse personne indifférent et interpelle chacun sur ces propres certitudes. Ce film bourine les barrières de la bien-séance sans tact ni finesse mais avec brutalité et un certain humanisme au sens le plus strict, c'est à dire avec les armes propre à l'Homme : la parole, la foi, la vengeance. Adieu le cinéma de papa qui film sous les jupes, voici le cinéma d'un enfant névrosé qui film dans les jupes. 

Les dialogues, monologues sont effroyables. Notamment la folie de la dernière scène est époustouflante. C'est tellement dingue et, de surcroit, bien réalisé que ce passage semble infini. Va-t-il s'arrêter de déblatérer ? On n'y croit plus. On est le souffle coupé, au abois, à attendre que Mr ait l'élégance et la gentillesse de se loger une balle dans la tête une bonne fois pour toute... Ou pas. Insoutenable. 

Ce film est aussi immense. Lourd.

A voir avec un tasse de café, une mandarine, en pleine après-midi, bercé par la fraicheur du courant d'air qui balaie notre visage. Histoire d'alléger un peu. 

mercredi 11 mai 2011


Irreversible - G.Noé - 2002

Synopsis : Ca commence dans le sang, ça finit sur la pelouse.

Immense. Ce film n'est rien d'autre que l'un de ces évènements cinématographiques vécus dans une vie qui reste gravé à jamais. Oui, vraiment, à jamais. 

Ce film provoque, choque. Par le fond. Par la forme. L'entêtement du réalisateur va jusqu'à intégrer dans la première partie du film des sons basse fréquence susceptible de provoquer des vomissements. Intègre et non intégrisme. Ce film n'est rien d'autre qu'une représentation cruelle d'une horreur quotidienne sans fard et comme unique principe moraliste : le Talion.

Par ses effets de style, son ajout de son psyché et l'horreur qu'il nous décrit, ce film n'a qu'une ambition : nous faire réagir. Par le dégout, par la haine ... Ce film n'est rien d'autre qu'un pretexte pour vociférer sur l'horreur humaine et ses comportements abjectes et non sur sa représentation fictive et pourtant si réaliste.

Les longs plans-séquences nous enferme dans un univers cloisonné dont on ne peut pas sortir et qu'il nous faut affronter. C'est une fois de plus un procédé qui permet au film d'être oppressant et nous mettant mal à l'aise à tout instant. La caméra est comme un spectateur qui regarde sans jamais être acteur de ce qu'il se joue devant nous yeux. Une forme de lâcheté filmé et personnifié.

Il sera temps de rétablir un vérité aussi : Irréversible n'est pas SEULEMENT qu'une scène de viol insupportable. La dernière partie, surement la plus cruelle si on la met en perspective avec la première partie du film, nous permet de saisir la beauté d'une relation amoureuse, sa complexité, sa simplicité. Ses coups bats, ses mensonges, ses moments de vies. En bref, ce film nous montre la vie dans tous ses états au plus proche du réel.

Irréversible n'est rien d'autre qu'un conte pour adulte qui commence dans le viol et finit dans l'amour. 

Cassel, Dupontel, Belluci sont admirables, inutile de le dire.

Fustigiez, vociférez, vomissez, peux m'importe, Irréversible est une chef d'oeuvre, quoique vous en dites. 

mercredi 27 avril 2011


Des hommes et des Dieux - Xavier Beauvois - 2010

Synopsis : Des moines, du pain, du vin, des terroristes.

Un film sur les moines ne semblent pas aussi excitant que ce soit-disant Chef d'Oeuvre qui croule sous les récompenses. A juste titre ?

Vu le nombre d'avis sur ce film, je vais essayer d'être original : Des Hommes et des Dieux n'est rien d'autre qu'une oeuvre monumentale. Monumentale car grandio(cè)se. Ce film permet de dévoiler une histoire française connue avec sagesse et simplicité. Monumentale au sens architectural aussi : figé, lourd, ce film est difficilement appréhendable. Les longueurs pourtant atteignent irrémédiablement leur but, nous faire réfléchir sereinement, sans vitesse et parti pris. Le film n'est pas non plus porteur d'une morale, explicitée et tapageuse sur le rôle bienfaiteur des paroisses Chrétiennes. Au contraire, il laisse le spectateur seul interprete.

Derrière les images d'un monastère en peur se cache une grande histoire, celle de l'Algérie et la France. C'est par cette transparence que le film prend de la hauteur et permet par des petites anecdotes et autres discussions de révéler la cohabitation entre deux peuples, deux religions.

Mais pas que. Les acteurs jouent le quotidien, ses lenteurs et ses bondieuseries avec sincérité permettant de représenter la religion sous sont plus belle habit : celui de l'échange et du partage.

Xavier Beauvois fait du Iniaritu avec un surplus de simplicité et sincérité. Et derrière les images se cachent toujours un sentiment vrai non marketé.
Xavier Beauvois fait du S.Coppola sur des décisions, des Hommes et des régions ensanglantées sans strass, star et hotels vides.

Xavier Beauvois fait simplement avec Des Hommes et des Dieux du cinéma français intègre loin des références et autres dogmes de la presse bien pensante.

En somme, Xavier Beauvois a réalisé un film surtout reposant qui nous questionne.

Après quelques semaines, sans critique, le blog est reparti. Prochain article Irréversible de G.Noé. Attention, ça cogne.

vendredi 18 février 2011


Les beaux gosses - Riad Sattouf - 2009

Synopsis : Le rap, le rock, c'est bien. Mais c'est mieux avec des sentiments.

L'affiche, le thème, la bande annonce, rien ne laissaient présager (hormis peut être la selection à Cannes) un film interessant. Pourtant, d'une il l'est, intéressant, mais il est bien plus. Bien plus drôle que les Boonerie (cf. Article précédent), bien plus intelligent que la plupart des films ayant une once d'analyse sociale. Il n'essaye pas de faire une énième comédie juvénile rabattue des dizaines de fois et trop souvent ridicule, débile, ulcéré d'idées reçues mais simplement montrer certaines crétineries effectués durant nos plus jeunes années avec nuance, naïveté (certes !) mais sans trop de finesse non plus.

Ce qui frappe est d'abord son coté intemporel, pas de génération SMS, pas de Facebook. Juste des bandes de jeunes différents par leur courant musical et leur attitude en classe très symptomatique (on collerait un certains nombres de noms qui nous est familier sur les élèves/professeurs de la classe !). Ce film n'essaye pas non plus de rendre un hommage raté ou une légitimité, une singularité à une région (Bretagne) en la ridiculisant. Rennes, la ville dans lequel se déroule le film, n'est ici qu'un prétexte afin de s'éloigner du cliché parisien, banlieusard. Enfin un film français loin de Paris, du hype et des paillettes. Simplement deux jeunes, coincés dans leur lycée et leur puberté grandissante qui apprennent l'amour et les baisers, en passant par la redoute et la glace de la salle de bain, entre autre. 

La réussite de ce film tient aussi par une réalisation juste. C'est filmé parfois à la façon d'un documentaire en milieux scolaire premettant ainsi de rendre l'ensemble plus vrai, naturel, sans fioritures. 

Au délà d'un film ayant un sens et quelque chose à dire, c'est surtout et avant tout, un film drôle. Très drôle. Certaines scènes sont dignes des plus grandes poileries cinématographiques françaises.

Le jeux des jeunes acteurs est parfois excellent aidé par des répliques cinglantes mais parfois nettement plus approximatif tout de même. La grosse performance d'acteur selon moi, n'est pas comme on peut le penser de prime abord, les deux ados (très bons tout de même), mais la mère du dit Hervé. Noémie Lvovsky réalise une performance géniale, elle pétille, joue à merveille. Enfin une mère de famille non déprimée dans les quartiers populaires !

Aussi, j'allais oublier, la musique est peut-être même meilleur que le film ... Besoin d'en rajouter ? 

Fondu au noir, générique, clap, clap, et sourire. Un bon bol d'air frais.

samedi 12 février 2011


Arnacoeur - Pascal Chaumeil - 2010

Synopsis : Job : briser des couples; à ses dépends.

Allez, le blog reprend du service avec une comédie romantique française récente. L'arnacoeur s'avère, de prime abord, une comédie agréable, rigolote, et pourvu de sens. Les acteurs, Romain Duris évidemment, apportent un véritable intérêt à une comédie en somme très classique. La véritable fraicheur est apportée part un François Damien excellent de stupidité alias François l'embrouille.

Mais c'est la principale caractéristique de son échec cinématographique. En effet, le film s'avère être agréable que par ses "à-cotés", les prestations des acteurs secondaires, des péripéties superflues, des petites anecdotes ... On n'en retient que des détails et non un film dans son ensemble. Ce film ne brille que par quelques étincelles des prestations des acteurs.

Le synopsis, trop classique, ne surprend guère et prouve encore une fois que le cinéma français souffre d'un manque cruel d'audace et d'originalité. La seul marque d'originalité s'avère être le générique de fin, audacieux et qui montre que la comédie française ne se limite pas qu'à des singeries, répliques bêtes et autres "Boonerie" (je © cette expression, sachez le) mais peut être du vrai ciné, beau, travaillé.

Prochain article : Black Swan. Après quelques antiquités, le blog reprend de la fraicheur.


mardi 30 novembre 2010


Un prophète - Jacques Audiard - 2009

Synopsis : Libre à l'intérieur, le prophète devra user de son va-tout pour s'enfermer dehors.  

Un véritable chef-d'oeuvre orchestré par un maestro digne des plus grands. Les acteurs réalisent un performance rare et qui fera date sur leur filmographie.

L'histoire, loin d'être une simple 8-clos entre 4 murs, est conté de façon original et l'ajout de mystique rend paradoxalement le parcours du prophète plus humain, plus proche de nous.

Filmé avec force et conviction ce petit bijoux de gangstérisme détrône de loin les Tony Montana enfarinés.
Entre montage efficace et perfection filmique, Un prophète atteint des sommets que seules quelques grands films sont capable d'atteindre. Le plus impressionnant dans ce film est la facilité avec laquelle le réalisateur et l'ensemble de ses techniciens arrivent à sublimer des évènements, par le "simple" fait de filmer, parfois douloureux, ignobles, amoral.

Sans vouloir cirer un peu trop fort les sandales à ce bon vieux Jacques, il est évident qu'une palme d'or ne rime pas toujours avec chef d'oeuvre mais là, j'ai bien peur de dire que son film frôle LA Palme d'Or des années 2000.

Il sera injuste de ne pas remarquer le travail sur la lumière, le directeur de la photographie fait des merveilles.

Si possible, ne le regarder jamais. (Il vous restera, de cette façon, toujours un film excellent à regarder lorsque vous le regarderez, car oui, vous finirez bien par le voir)

samedi 6 novembre 2010


Nos enfants chéris - Benoit Cohen - 2003

Synopsis : Dans les allés du supermarché tout commence, le début d'un nouveau départ.

Une bonne tranche de rigolade dans ce film teinté d'humilité, d'amertume et de bons sentiments. L'ensemble des acteurs sont exquis. Exagérant leur jeux pour l'effet comique, la direction d'acteur reste impeccable et sans bavure. L'ensemble des acteurs sont justes. 

Romane Bohringer est belle (caractère bien trempé, physique avantageux, justesse de ton, la folie & l'humour en plus) dans tous les sens du terme, son exubérance rend au film une intensité rare dans des comédies.

Le scénario est souvent  improbable mais allant pair avec l'exagération des situations comiques comme des coup de nerfs des différents personnages. Le parti pris du réalisateur est cohérent et beau. 

La musique sans se faire remarquer installe un climat de mélancolie dans une comédie parfois grasse.

La seule véritable critique serait peut être le manque de folie, dont le film use durant tout le film, dans la fin en somme toute classique. Mais paradoxalement, ça rend le film plus digeste, insuffle un sens, une belle fin en soit.

mercredi 27 octobre 2010


Le concert - Radu Mihaileanu - 2008 

Synopsis : Tu n'iras pas voir le Bolchoï, le Bolchoï ira te voir, et pan!

Parfois émouvant, souvent drôle, quelques fois à la limite du ridicule, Le concert se démarque par son envie de se surpasser, de ne pas céder au mélodrame TF1, d'assumer son exubérance tout en gardant son intégrité.

Les acteurs, surtout les Russes, sont magistraux. D'ailleurs le plus grand défauts du film vient des acteurs "Français connus". Mélanie Laurent déçoit grandement, elle n'émeut guère. Berléand est quant à lui, comme à son habitude, drôle, con, moche, vulgaire, Français devrais-je dire. 

Le scénario nous ballade, à coup de violon survolté, et nous dupe pour nous dévoiler un témoignage fort, poignant qui nous interroge sur nos valeurs et nous renvoi à "notre" histoire.

La magie de la musique classique est là, on est littéralement scotché à notre siège. 

Que dire, on n'est pas devant un chef-d'oeuvre, mais l'essentiel est là. Simple mais divertissant.

En sommes, un beau film.

mardi 21 septembre 2010


Cow-boy - Benoît Mariage - 2007

Synopsis : Militant. A mi-temps. 

Croire en son rêve ne suffit pas. Vouloir faire un bon film ne suffit pas non plus. Cow-boy le prouve. 

Poolvoerde & Depardieux forment un couple magique. Déjà vu dans Podium, ce couple à la puissance de la comédie, l'incompréhension du couple marié  et la naïveté du sentiment amoureux premier. A eux deux, ils tiennent le film. F. L'Embrouille est sincère et presque touchant, loin (mais si proche par moment) de ses rôles de potache belge ou du dindon de la farce, rôle revenu à un Poolvoerde aveuglé par son vieux rêve : être reconnu pour ses "talents" de journaliste.

Le propos du film peut sembler touchant si la lourdeur dramatique ne rendait la chose presque pathétique tant l'émotionnelle est sur-exagéré. Avec plus de légèreté le film aurait surement été plus classe et moins pathos et paradoxalement plus vrai, touchant.

A la manière du rôle incarné par Poolvoerde, on se demande si Benoit Mariage n'était pas le seul à croire en son film.

Cow-boy ne séduit pas surtout car l'histoire n'est pas crédible, le jeu de Poolvoerde tout autant. C'est juste académique.

Dommage.


dimanche 19 septembre 2010


Kennedy et moi - Sam Karmann - 1999

Synopsis : Une histoire de montre. Du tic-tac pas toujours régulier de nos vies.

Bacri est à la hauteur des plus grands ... emmerdeurs du cinéma. L'un des seuls film qui insiste sur le fait que l'homme a le droit d'être de mauvaise humeur et détestable. On s'identifie immédiatement à cet homme que plus rien n'intéresse, jusqu'à cette montre.


L'humour, bien présent et vraiment juste, rend le film digeste et agréable. 

Globalement très bien réalisé, ce film possède une mise en scène, et des mouvements de caméras qui le rendent limpide. Tout semble s'enchainer sans heurt. Des plans parfois curieusement très beaux.

Autre point : la musique est somptueuse, aidant grandement à l'installation d'une ambiance délétère mais légère, fraiche, simple.

La finalité du film semble manquer cruellement de souffle et d'idée. La scénario semble avoir été tronqué pour finir le film au plus vite. Dommage.




vendredi 17 septembre 2010


Notre jour viendra - Romain Gavras - 2010

Synopsis : Deux hommes, une question : que faire pour exorciser notre mal ?

Habitué au format court (clip divers), Romain G. nous livre ici son premier long métrage au allure d'acte "gratuit" et violent. Finalement, il n'en est rien. Le film ne choque pas - Ah ce n'était pas la raison du film ? Ok. Rien ne semble être "à la limite". Le fait d'être exposer à des images continuellement nous rend-t-il blasé ? La question n'est pas là!

La réalisation est belle. Très beaux plans filmés avec un talent indéniable. 

Mais le teaser n'était il pas meilleur que le film dans le fond ? On s'attendait à "quelques choses" de plus complexe, violent, dramatique; c'est juste un peu abscons, parfois gratuit mais vraiment excitant.

La performance d'acteur, notamment un Cassel malsain et désenchanté, est belle. Les dialogues, de la première partie, sont efficace et fichtrement marrant.

Le principal défaut du film, à mon gout est son inégal tension dramatique. Passant du coq à l'âne, après 1 heure film, on attend que cela explose, puis finalement rien vient. Barth se coupe les cheveux puis devient fou. Le film se perd au fur et à mesure que Cassel devient inexistant et que Barth prend le dessus.


Un peu déçu, puis finalement, on y réfléchissant, ce film reste la marque d'un renouveau français. Une nouvelle vague à la Kourtrajmé. De belle années nous attendent alors.

samedi 28 août 2010


Mirrors - Alexandre Aja - 2008


Synopsis : "Miroir, miroir, suis-je le plus beau fou ?"

A. Aja confirme son talent indéniable dans le remake de film à épouvante. Il signe un film à la plastique magnifique. Les décors sont superbes et rendent le film (un peu) crédible. Car le principal problème de ce film est ses aléas scénaristiques pas toujours opportuns.

Sutherland ne convainc pas. Ses crises de nerf spontanées ne sont pas réalistes, trop "jouées", trop académiques pour être vrai. Les dialogues, le scénario, tout semble être téléphoné, prévisible à 100km, dommage.

La performance du réalisateur, en dent de scie, est parfois bluffante dans le cadrage, les mouvements de caméra tant ceux-ci sont fluides, propres. Le véritable défit était de rendre l'outil cinématographique invisible et fluide dans un décors de miroir : pari réussi.

lundi 23 août 2010



Incognito - Eric Lavaine - 2008

Synopis : Chanteur qui troque sont Bus 32 pour une belle mercedes, mais à quel prix ?

La prestation de Bénabar est tout à fait bluffante tant son personnage public est insupportable. Basé sur un schéma très classique, artiste maudit, puis succès populaire, puis repentance, le film d'Eric Lavaine arrive cependant à nous surprendre. Les acteurs jouent et le font plutôt bien.

Mais le film reste accroché à son fil conducteur sans jamais essayer de trouver un échappatoire et donc arrive inévitablement vers un Bénabar "mielleux". Le coté "pathos" du dénouement rend le film indigeste. L'apparition de Yollande Moreau ajoute à cette mise en scène scabreuse, indélicate et surtout sans réalisme. Dommage.




Les visiteurs - Jean Marie Poiré - 1993

Synopsis : "Morte couille, le chateau de Montmirail n'est plus ici"

Grosse et grasse comédie française. Le vieux françois, l'accent et les dialogues sont véritablement le nerd de ce film somme tout simplet dans la construction et parfois hideux dans la réalisation. 

Valérie Lemercier est le véritable poumon humouristique de ce film, on rigole plus des commentaires qu'elle prononce que sur les pitreries de Reno et Clavier.

Poiré réalise un film populaire, tombant parfois dans le guignolesque avec des plans (et des bruitages) de DA. Bref, divertissement idiot mais rigolo.


dimanche 8 août 2010


Darling - Christine Carrière - 2007

Synopsis : Tomber, rebondir ou s'écraser ? Darling rebondie plus ou moins mal.

Dans un rôle non-attendu G. Canet est à la hauteur. Quant à Marina Foïs, elle réalise une performance bluffante, touchante, authentique, on (re)découvre enfin l'actrice des Robins au plus haut. Merci.

L'histoire est non-dénuée d'intelligence, avec les touches d'humeur qui rendent le film digeste tant sa noirceur est pesante. 

Darling, un film sur la classe populaire, les campagnes, sans complaisance mais humilité. Ce film sans moquerie ou jugement livre une "petite" histoire du quotidien Français sur fond de drame humain.