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lundi 20 août 2012

Berling Calling - Hannes Stöhr - 2008


















Comme un appel. Hannes Stöhr nous laisse bien seul et déprimé lorsque la musique du générique sonne le glas de ce petit morceau de vie électronique berlinois. On souhaite retourner dans les basses lentes et minimaliste.

La réalisation est à l'image de l'ambiance sonore qui en découle : sobre et efficace. Sans pousser son talent, il dirige parfaitement l'ensemble de ses acteurs et réalise une mise en scène efficace.

Paul Kalkbrenner est omniprésent. Normal, c'est son film, sa musique, son message pour la postérité ? Une espèce de fausse bio imaginée. Rêvée. Le film provoque ce sentiment étrange de toucher une réalité, la scène électro Berlinoise actuelle, dans un environnement fictif assumé. On ne nous ment pas, le film par son irrévérence et son humour potache nous emmène dans un Berlin fait de chimères de DJs désabusés. On n'essaye pas de nous vendre un faux docu fictif, ou une vraie fiction documentée. C'est déjà une réussite en ce sens.

C'est léger, froid, apaisant comme un courant d'air dans la chaleur étouffante d'un club bondé.

mercredi 11 mai 2011


Irreversible - G.Noé - 2002

Synopsis : Ca commence dans le sang, ça finit sur la pelouse.

Immense. Ce film n'est rien d'autre que l'un de ces évènements cinématographiques vécus dans une vie qui reste gravé à jamais. Oui, vraiment, à jamais. 

Ce film provoque, choque. Par le fond. Par la forme. L'entêtement du réalisateur va jusqu'à intégrer dans la première partie du film des sons basse fréquence susceptible de provoquer des vomissements. Intègre et non intégrisme. Ce film n'est rien d'autre qu'une représentation cruelle d'une horreur quotidienne sans fard et comme unique principe moraliste : le Talion.

Par ses effets de style, son ajout de son psyché et l'horreur qu'il nous décrit, ce film n'a qu'une ambition : nous faire réagir. Par le dégout, par la haine ... Ce film n'est rien d'autre qu'un pretexte pour vociférer sur l'horreur humaine et ses comportements abjectes et non sur sa représentation fictive et pourtant si réaliste.

Les longs plans-séquences nous enferme dans un univers cloisonné dont on ne peut pas sortir et qu'il nous faut affronter. C'est une fois de plus un procédé qui permet au film d'être oppressant et nous mettant mal à l'aise à tout instant. La caméra est comme un spectateur qui regarde sans jamais être acteur de ce qu'il se joue devant nous yeux. Une forme de lâcheté filmé et personnifié.

Il sera temps de rétablir un vérité aussi : Irréversible n'est pas SEULEMENT qu'une scène de viol insupportable. La dernière partie, surement la plus cruelle si on la met en perspective avec la première partie du film, nous permet de saisir la beauté d'une relation amoureuse, sa complexité, sa simplicité. Ses coups bats, ses mensonges, ses moments de vies. En bref, ce film nous montre la vie dans tous ses états au plus proche du réel.

Irréversible n'est rien d'autre qu'un conte pour adulte qui commence dans le viol et finit dans l'amour. 

Cassel, Dupontel, Belluci sont admirables, inutile de le dire.

Fustigiez, vociférez, vomissez, peux m'importe, Irréversible est une chef d'oeuvre, quoique vous en dites. 

vendredi 18 février 2011


Les beaux gosses - Riad Sattouf - 2009

Synopsis : Le rap, le rock, c'est bien. Mais c'est mieux avec des sentiments.

L'affiche, le thème, la bande annonce, rien ne laissaient présager (hormis peut être la selection à Cannes) un film interessant. Pourtant, d'une il l'est, intéressant, mais il est bien plus. Bien plus drôle que les Boonerie (cf. Article précédent), bien plus intelligent que la plupart des films ayant une once d'analyse sociale. Il n'essaye pas de faire une énième comédie juvénile rabattue des dizaines de fois et trop souvent ridicule, débile, ulcéré d'idées reçues mais simplement montrer certaines crétineries effectués durant nos plus jeunes années avec nuance, naïveté (certes !) mais sans trop de finesse non plus.

Ce qui frappe est d'abord son coté intemporel, pas de génération SMS, pas de Facebook. Juste des bandes de jeunes différents par leur courant musical et leur attitude en classe très symptomatique (on collerait un certains nombres de noms qui nous est familier sur les élèves/professeurs de la classe !). Ce film n'essaye pas non plus de rendre un hommage raté ou une légitimité, une singularité à une région (Bretagne) en la ridiculisant. Rennes, la ville dans lequel se déroule le film, n'est ici qu'un prétexte afin de s'éloigner du cliché parisien, banlieusard. Enfin un film français loin de Paris, du hype et des paillettes. Simplement deux jeunes, coincés dans leur lycée et leur puberté grandissante qui apprennent l'amour et les baisers, en passant par la redoute et la glace de la salle de bain, entre autre. 

La réussite de ce film tient aussi par une réalisation juste. C'est filmé parfois à la façon d'un documentaire en milieux scolaire premettant ainsi de rendre l'ensemble plus vrai, naturel, sans fioritures. 

Au délà d'un film ayant un sens et quelque chose à dire, c'est surtout et avant tout, un film drôle. Très drôle. Certaines scènes sont dignes des plus grandes poileries cinématographiques françaises.

Le jeux des jeunes acteurs est parfois excellent aidé par des répliques cinglantes mais parfois nettement plus approximatif tout de même. La grosse performance d'acteur selon moi, n'est pas comme on peut le penser de prime abord, les deux ados (très bons tout de même), mais la mère du dit Hervé. Noémie Lvovsky réalise une performance géniale, elle pétille, joue à merveille. Enfin une mère de famille non déprimée dans les quartiers populaires !

Aussi, j'allais oublier, la musique est peut-être même meilleur que le film ... Besoin d'en rajouter ? 

Fondu au noir, générique, clap, clap, et sourire. Un bon bol d'air frais.

jeudi 6 janvier 2011


4 luni, 3 saptamini si 2 zile  (En français 4 mois, 3 semaines, 2 jours) - Cristian Mungiu - 2007

Synopsis : Toujours des possibilités mais à quel prix, à quelle vie ?

Un monument. Le cinéma fait des miracles, parfois. Dans 4 mois, 3 semaines, 2 jour le réalisateur a choisi, à la différence de film grossier et moraliste, de poser une réalité sans juger et ne donner de leçon à personne. Le constat s'avère dur mais saisissant.

Un film polémique peut facilement tomber dans le vulgaire sans propos, mais ici, avec une touche de génie le réalisateur se met en retrait et laisse ses acteurs imprégner le film. Sans aucun effet de style, se rapprochant dans la démarche de Festen / Dogme95, le réalisateur laisse ses dialogues nous pénétrer, nous questionner, laisse ces moments de vie nous prendre aux tripes.

La force majeur de ce film est son emprise sur nous-même. Il nous tend, nous malmène, nous violente par ses dialogues tranchants et sa mise en scène glaciale. On se sent prisonnier du film, qui nous habite et nous laisse un gout amer. Amer sur la condition humaine. De plus les longs plans séquences fixes nous hypnotise, on est comme happé dans un monde inimaginable mais pourtant bien réel.

Le minimalisme s'avère être une force ici. Proche du documentaire dans son énergie et sa démarche, ce film essaye de filmer ce que l'on ne veut pas voir / savoir.

Le grain, la photographie, les dialogues, le minimalisme, tout y était pour que j'aime. Pari réussi.

Claque visuelle, mais surtout viscérale.

mardi 30 novembre 2010


Un prophète - Jacques Audiard - 2009

Synopsis : Libre à l'intérieur, le prophète devra user de son va-tout pour s'enfermer dehors.  

Un véritable chef-d'oeuvre orchestré par un maestro digne des plus grands. Les acteurs réalisent un performance rare et qui fera date sur leur filmographie.

L'histoire, loin d'être une simple 8-clos entre 4 murs, est conté de façon original et l'ajout de mystique rend paradoxalement le parcours du prophète plus humain, plus proche de nous.

Filmé avec force et conviction ce petit bijoux de gangstérisme détrône de loin les Tony Montana enfarinés.
Entre montage efficace et perfection filmique, Un prophète atteint des sommets que seules quelques grands films sont capable d'atteindre. Le plus impressionnant dans ce film est la facilité avec laquelle le réalisateur et l'ensemble de ses techniciens arrivent à sublimer des évènements, par le "simple" fait de filmer, parfois douloureux, ignobles, amoral.

Sans vouloir cirer un peu trop fort les sandales à ce bon vieux Jacques, il est évident qu'une palme d'or ne rime pas toujours avec chef d'oeuvre mais là, j'ai bien peur de dire que son film frôle LA Palme d'Or des années 2000.

Il sera injuste de ne pas remarquer le travail sur la lumière, le directeur de la photographie fait des merveilles.

Si possible, ne le regarder jamais. (Il vous restera, de cette façon, toujours un film excellent à regarder lorsque vous le regarderez, car oui, vous finirez bien par le voir)

jeudi 18 novembre 2010


Lost in la mancha - Keith Fulton, Luis Pepe - 2003

Synopsis : Ou comment un film peut foiré de façon magistral !

Génial, excitant, didactique, drôle. Voilà l'ensemble des caractéristiques de ce documentaire débridé sur l'échec d'un film déjà culte. 

Au delà de l'effet comique des situations dramatiques qui s'abattent sur tout le déroulement du film, ce documentaire est tourné sur les lieux de tournage, dans les discussions cruciales entre réalisateur/producteur (comme si les réalisateurs du documentaire savaient d'avance que le film foirerait) et nous permet ainsi de mieux rendre compte de l'ambiance délétère qui peut régner sur un film, même réalisé par un réalisateur de prestige.

Les effets dessins-animés/animations sont par contre clairement foirés et ajoutent un peu plus au film qui se tourne sous nos yeux un sentiment d'amateurisme, de "guignolisme".

Après la vision de ce documentaire on ne peut que regretter l'abandons du tournage et la main mise des producteurs sur le film, et par extension, à l'industrie cinématographique. Véritable gourou, les producteurs sont les seuls maitres à bord, et ce film est là pour nous le rappeler.

Sympatique, décalé. Puis, voir Jean Rochefort donner la réplique à Johnny Depp, ça n'a pas de prix.


samedi 6 novembre 2010


Nos enfants chéris - Benoit Cohen - 2003

Synopsis : Dans les allés du supermarché tout commence, le début d'un nouveau départ.

Une bonne tranche de rigolade dans ce film teinté d'humilité, d'amertume et de bons sentiments. L'ensemble des acteurs sont exquis. Exagérant leur jeux pour l'effet comique, la direction d'acteur reste impeccable et sans bavure. L'ensemble des acteurs sont justes. 

Romane Bohringer est belle (caractère bien trempé, physique avantageux, justesse de ton, la folie & l'humour en plus) dans tous les sens du terme, son exubérance rend au film une intensité rare dans des comédies.

Le scénario est souvent  improbable mais allant pair avec l'exagération des situations comiques comme des coup de nerfs des différents personnages. Le parti pris du réalisateur est cohérent et beau. 

La musique sans se faire remarquer installe un climat de mélancolie dans une comédie parfois grasse.

La seule véritable critique serait peut être le manque de folie, dont le film use durant tout le film, dans la fin en somme toute classique. Mais paradoxalement, ça rend le film plus digeste, insuffle un sens, une belle fin en soit.

mercredi 27 octobre 2010


Le concert - Radu Mihaileanu - 2008 

Synopsis : Tu n'iras pas voir le Bolchoï, le Bolchoï ira te voir, et pan!

Parfois émouvant, souvent drôle, quelques fois à la limite du ridicule, Le concert se démarque par son envie de se surpasser, de ne pas céder au mélodrame TF1, d'assumer son exubérance tout en gardant son intégrité.

Les acteurs, surtout les Russes, sont magistraux. D'ailleurs le plus grand défauts du film vient des acteurs "Français connus". Mélanie Laurent déçoit grandement, elle n'émeut guère. Berléand est quant à lui, comme à son habitude, drôle, con, moche, vulgaire, Français devrais-je dire. 

Le scénario nous ballade, à coup de violon survolté, et nous dupe pour nous dévoiler un témoignage fort, poignant qui nous interroge sur nos valeurs et nous renvoi à "notre" histoire.

La magie de la musique classique est là, on est littéralement scotché à notre siège. 

Que dire, on n'est pas devant un chef-d'oeuvre, mais l'essentiel est là. Simple mais divertissant.

En sommes, un beau film.

vendredi 15 octobre 2010


V for Vendetta - James McTeigue - 2005

Synopsis : Liberté, toujours. Pour ne rien oublier.

L'homme au masque réussira son pari, de renverser un gouvernement, un pays, une population, figés, épris par la peur ... Voilà une idée! Se voulant être originale, le réalisateur oublie l'essentiel, l'impact de son film, son implication, son intégrité. En effet le film semble trop gentil, simplet, presque clownesque.

La film retranscris un Londres caricaturale. Dans ces mondes à bout de souffle la précision d'un Fils de l'Homme ou la noirceur d'un Watchmen ne peuvent que faire écho à ce film dont l'idée, somme toute simple, est encore une fois de retranscrire un monde au bord du chaos dirigé par d'affreux dictateurs et leur milice sans pitié. Sauf que contrairement aux deux cités précédemment, l'ambiance politique et l'image de cette dictature n'est que très peu crédible, surjoué, et surtout peu originale. Etant l'ainé des deux précédents, on peut se féliciter de l'angle de vue pris par le réalisateur mais regretter son manque d'implication, d'insistance, de non-conpromis face à la noirceur d'un personnage tel que V.

Le film possède tout de même de grande qualité. Les dialogues, discours sont fort, militant (mais issus du comics donc non intrinsèquement lié au film) La dramaturgie de certaine scène, loin d'un pathos Hollywoodien éprouvé, est marquante. 

Les personnages interprétés, torturés, complexes, sont surtout la grande force de ce film.

Un gout d'inachevé, de baclé, en ressort. Après tout, V le méritait-il ?

samedi 25 septembre 2010


Broken Flowers - 2005 - Jim Jarmush

Synopsis : Fleurs cassées pour fils à retrouver.

Parfois les films se ressemblent, s'imitent. Parfois c'est réussi. Parfois non. Ce n'est pas que Broken Flower s'inspire d'un autre film, mais l'ambiance silencieuse et musicale, et la présence de Bill Murray rappelle sans nulle doute Lost In Translation : le réalisateur a troqué la pop-musique de Sofia pour de la musique Ethiopienne, et le sentiment d'oublie, et d'impossible amour à une quête vers une seconde jeunesse, un pardon.

L'ambiance ne tient pas pourtant. C'est long, trop long, et le présence de Bill Murray n'y change rien. L'histoire du film tient sur 4 lignes et Bill Murray en rajoute avec son attitude "hautaine et éloignée". Il manque cruellement de subtilité. La dénouement est aussi prévisible que sa quête est vaine.

Les quelques moments de plaisir restent la présence de Sharon Stone sur quelques scènes qui amènent un peu d'air à tout ça.

La musique est par contre très belle, peut être l'intérêt le plus important de ce film. (Avis au connaisseur : un sample a d'ailleurs été utilisé par Damian Marley et Nas dans leur dernier album).


mardi 21 septembre 2010


Cow-boy - Benoît Mariage - 2007

Synopsis : Militant. A mi-temps. 

Croire en son rêve ne suffit pas. Vouloir faire un bon film ne suffit pas non plus. Cow-boy le prouve. 

Poolvoerde & Depardieux forment un couple magique. Déjà vu dans Podium, ce couple à la puissance de la comédie, l'incompréhension du couple marié  et la naïveté du sentiment amoureux premier. A eux deux, ils tiennent le film. F. L'Embrouille est sincère et presque touchant, loin (mais si proche par moment) de ses rôles de potache belge ou du dindon de la farce, rôle revenu à un Poolvoerde aveuglé par son vieux rêve : être reconnu pour ses "talents" de journaliste.

Le propos du film peut sembler touchant si la lourdeur dramatique ne rendait la chose presque pathétique tant l'émotionnelle est sur-exagéré. Avec plus de légèreté le film aurait surement été plus classe et moins pathos et paradoxalement plus vrai, touchant.

A la manière du rôle incarné par Poolvoerde, on se demande si Benoit Mariage n'était pas le seul à croire en son film.

Cow-boy ne séduit pas surtout car l'histoire n'est pas crédible, le jeu de Poolvoerde tout autant. C'est juste académique.

Dommage.


samedi 4 septembre 2010


Road to perdition - Sam Mendes - 2002

Synopsis : Trahi, un gangster veut se venger puis revenir au sentier de la perdition.

Il ne faudrait pas oublier le principal dans un film : raconter une histoire, originale, ou à défaut de l'être, bien narrée. Ce film n'en a pas, donc ne fait que suivre un père et son fils dans une quête vengeresse sans grand intérêt. Mendes filmant Tom Hawks ne suffit pas à faire un bon film. Oui c'est beau, bien filmé, avec un casting impressionnant : Tom Hawks, Paul Newman, Jude Law, Daniel Craig, mais la coquille est vide.

Après 1h10 de film, l'apparition de Jude Law parait salvateur. Il insuffle au film une dimension "distractive". On sourit enfin. Ca dure peu malheureusement. 

Daniel Craig, étonnement mauvais, est à l'image du film dans lequel il joue : sur-estimé.

La seul réussite tient dans les décors et la création d'une époque : les années 30. La crédibilité du film est bien présente, malgré l'ennui, on ne peut que féliciter le chef opérateur, et autre truciste/décoriste dans la beauté des images qui nous sont présentées. 

Au dela d'être un film beau et chiant, c'est surtout un film qui va nulle part, ou si à la perdition. 

Mendès pense, la prochaine fois, à avoir un propos avant d'avoir une bouche.

jeudi 2 septembre 2010


Bully - Larry Clark - 2001

Synopsis : Une petite bande de jeunes, entre pétard, sexe, et alcool, va passer à l'acte. 

Tout simplement magnifique. Un chef d'oeuvre, rien que ça. Larry Clark signe ici un drame précis sous toute les coutures. 

Le scénario nous balade, bien tristement d'ailleurs, dans une jeunesse désoeuvrée à la recherche de repère et d'une naïve vengeance qui va les emmener à leur perte, presque injustement.

Le bande son hiphop et triphop ancré dans son époque, les années 2000, ne fait que rendre plus réaliste le drame qui se joue devant nos yeux. 

Certes le film démarre en douceur mais c'est pour notre plus grand plaisir. Cela nous permet de comprendre l'ensemble des personnages, les liens qui les unis (et désunis), leur faiblesse, etc.

Les acteurs, tous sans exception, montrent qu'il ne suffit pas de rire ou pleurer pour jouer la comédie, mais de faire transpirer un rôle que l'on joue.

mercredi 1 septembre 2010


Shoot em up - Michael Davis - 2007

Synopsis : Tuer pour vivre.

Le titre, l'affiche, l'annonçaient, le film ne se dégonfle pas : ça flingue à tout va, aucun répit, difficile de faire siffler plus de balle en 1h22.

Il faut voir ce film comme une sorte de série B à grande échelle : les dialogues sont cons mais sciemment, le scénario, inexistant, les acteurs sont stupides mais géniaux, mais ça reste filmé de façon magistral notamment sur certaine scène à couper le souffle, ayant une intensité rare.

Tout est dans le superlatif, gros comme un camion, ce film fonce dans les préjugés des films d'actions et les exposent comme vérité. La scène de sexe pétaradante en est exemple : Davis nous prouve que le cinéma n'a aucune limite.

Le principal atout (ou défaut) de ce film est d'être intègre face à son style.
Le principal défaut (ou atout), c'est que même assumé, le film sonne creux.

Si les fusillades ne vous plaisent, passez votre chemin.

samedi 28 août 2010


Mirrors - Alexandre Aja - 2008


Synopsis : "Miroir, miroir, suis-je le plus beau fou ?"

A. Aja confirme son talent indéniable dans le remake de film à épouvante. Il signe un film à la plastique magnifique. Les décors sont superbes et rendent le film (un peu) crédible. Car le principal problème de ce film est ses aléas scénaristiques pas toujours opportuns.

Sutherland ne convainc pas. Ses crises de nerf spontanées ne sont pas réalistes, trop "jouées", trop académiques pour être vrai. Les dialogues, le scénario, tout semble être téléphoné, prévisible à 100km, dommage.

La performance du réalisateur, en dent de scie, est parfois bluffante dans le cadrage, les mouvements de caméra tant ceux-ci sont fluides, propres. Le véritable défit était de rendre l'outil cinématographique invisible et fluide dans un décors de miroir : pari réussi.

lundi 23 août 2010



Incognito - Eric Lavaine - 2008

Synopis : Chanteur qui troque sont Bus 32 pour une belle mercedes, mais à quel prix ?

La prestation de Bénabar est tout à fait bluffante tant son personnage public est insupportable. Basé sur un schéma très classique, artiste maudit, puis succès populaire, puis repentance, le film d'Eric Lavaine arrive cependant à nous surprendre. Les acteurs jouent et le font plutôt bien.

Mais le film reste accroché à son fil conducteur sans jamais essayer de trouver un échappatoire et donc arrive inévitablement vers un Bénabar "mielleux". Le coté "pathos" du dénouement rend le film indigeste. L'apparition de Yollande Moreau ajoute à cette mise en scène scabreuse, indélicate et surtout sans réalisme. Dommage.



mardi 17 août 2010


Surveillance - Jennifer Lynch - 2008

Synopsis : 1 accident, 3 survivants, 3 histoires différentes, 2 tueurs.



Ca commence presque normalement à s'en demander si l'on regarde bien un film de la fille du cinéaste de Mulholland Drive. L'intrigue se met en place sans vraiment y faire attention. On se prend au jeu, puis tout devient plus fou, plus macabre, pesant, presque dérangeant.

Sans vraiment nous surprendre quant à la fin de l'histoire, Jennifer Lynch réalise un bon film, angoissant, maniéré.

Les personnages sont les premiers à laisser entrevoir la folie à venir. Dès les premiers jeu d'acteur, on pressent que ça tourne pas rond dans ce petit commissariat perdu entre ciel bleu et désert.

Malgré tout cela, le film se complait dans la facilité. Ayant son intrigue, ses personnages charismatiques, son grain de folie, Jennifer Lynch n'en fait pas plus et réalise donc un film presque hautain, facile. Dommage.

lundi 9 août 2010


A Love Song For Bobby Long - Shainee Gabel - 2006

Synopsis : Bobby Long est un ex-poète, ex-professeur, ex-mari, ex-papa, et accessoirement alcoolique.

Quelle atmosphère. L'Alabama prend vie sous nos yeux durant 2 heures. Sa musicalité est omni-présente, sa brutalité l'est tout aussi.

L'oeuvre de Capps (écrivain, dont le livre est issu) doit être impressionnante tant le film transpire (et apparemment s'inspire) de l'émotion littéraire. Ponctué de citation de poète, le film prend de la hauteur à défaut de tomber dans la prétention de faire un film "poétique".

Les acteurs réalisent ici une performance qui fera date, pour moi en tout cas. Scarlett J. se dévoile un peu plus, John T. exprime tout son potentiel d'acteur dramatique. 

Le seul reproche : la linéarité du scénario. Rien de surprenant, tout semble couler comme l'encre qui écrirait sa propre histoire. 

J'ai envie de m'y replonger tout de suite. 

dimanche 8 août 2010


Darling - Christine Carrière - 2007

Synopsis : Tomber, rebondir ou s'écraser ? Darling rebondie plus ou moins mal.

Dans un rôle non-attendu G. Canet est à la hauteur. Quant à Marina Foïs, elle réalise une performance bluffante, touchante, authentique, on (re)découvre enfin l'actrice des Robins au plus haut. Merci.

L'histoire est non-dénuée d'intelligence, avec les touches d'humeur qui rendent le film digeste tant sa noirceur est pesante. 

Darling, un film sur la classe populaire, les campagnes, sans complaisance mais humilité. Ce film sans moquerie ou jugement livre une "petite" histoire du quotidien Français sur fond de drame humain.

samedi 7 août 2010


Donkey Punch - Ollie BlackBurn - 2007

Synopsis : Mourir à coup de moteur à bateaux ou mourir en faisant l'amour ? Parfois le choix ne semble pas si évidant.

Scénario impeccable, dramaturgie proche de la perfection, et musique magnifique, que demander de mieux ? Les gros plans peu crédibles, le manque de tension semblent être les plus gros point faible. 

On ne se mord pas les doigts quant à la destinée de ses jeunes gens tant leur comportement est prévisible parfois. Manque un grain de folie.

Le fait de ne pas assister à un clan contre un autre, les méchants vs. les gentils, les filles vs. les gas, les cons vs. les prudes ajoutent à l'originalité de la chose et laisse planer un petit doute quant au dénouement.

Bref, bon film, d'horreur certes, mais gentil tout de même. Un + pour la musique, on se croirait dans du Sofia Coppola.