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lundi 20 août 2012

Berling Calling - Hannes Stöhr - 2008


















Comme un appel. Hannes Stöhr nous laisse bien seul et déprimé lorsque la musique du générique sonne le glas de ce petit morceau de vie électronique berlinois. On souhaite retourner dans les basses lentes et minimaliste.

La réalisation est à l'image de l'ambiance sonore qui en découle : sobre et efficace. Sans pousser son talent, il dirige parfaitement l'ensemble de ses acteurs et réalise une mise en scène efficace.

Paul Kalkbrenner est omniprésent. Normal, c'est son film, sa musique, son message pour la postérité ? Une espèce de fausse bio imaginée. Rêvée. Le film provoque ce sentiment étrange de toucher une réalité, la scène électro Berlinoise actuelle, dans un environnement fictif assumé. On ne nous ment pas, le film par son irrévérence et son humour potache nous emmène dans un Berlin fait de chimères de DJs désabusés. On n'essaye pas de nous vendre un faux docu fictif, ou une vraie fiction documentée. C'est déjà une réussite en ce sens.

C'est léger, froid, apaisant comme un courant d'air dans la chaleur étouffante d'un club bondé.

mardi 19 juin 2012

Prometheus - Ridley Scott - 2012
Après des années d'attente le prequel d'Alien est sorti, en IMAX et en 3D s'il vous plait. Des années de rumeurs, de provocations, d'analyse de la petite phrase sortie de son contexte en conférence de presse. Maintenant, les agitateurs du cinéma peuvent enfin parler d'un film. Et non de leur propre projection. 

Ce qui me revient immédiatement est l'immense chantier qu'à du être ce film. Annoncé comme suite, puis prequel, puis finalement un "nouveau concept" proche de l'univers d'Alien. Pour ma part, je présenterais ça comme un véritable prequel qui pose de nouvelle question et ne promet en rien d'y répondre. Le scénario est vraiment audacieux et permet un agrandissement de l'univers et de la mythologie qu'accompagne Alien. Je reste convaincu de l'intégrité et des bonnes intentions de Ridley Scott quant à la réalisation de son prequel. Cependant ces films, reboot à gros budget, sont avant tout des coups marketing d'envergure mais qui peuvent s'avérer être des chefs d'oeuvre, ne l'oublions pas, Alien en est un exemple, Star Wars peut-être aussi, n'est-ce pas messieurs critiques cinéma pédants, bons qu'à s'autocongratuler de l'undergrounditude de tels ou tels films français totalement égocentriques !

Un grand film ne se fait pas sans grands acteurs. Ici; les acteurs ne m'ont ni enthousiasmé, ni exasperé. On a l'impression, comme ça peut aussi l'être pour Avatar ou tous autres films blockbuster, que les acteurs sont aspirés par le film. C'est comme-ci ils étaient dans quelque chose qui les dépassait, plus grand même que le film... Ceci n'est pas (trop) dérangeant lorsque le film est bon et Prometheus l'est à bien des égards. Ceci devient très problématique lorsque le film l'est beaucoup moins (Avatar par exemple). 

Cependant Ridley Scott a réussi son pari : réactualiser la franchise Alien en posant de nouvelles limites qui n'existaient pas jusqu'alors. 

On peut bien évidemment évoquer les quelques ficelles scénaristiques qui parsèment le film et l'empêche d'être à la hauteur des premiers Alien. Mais, il ne faut pas se le cacher, n'en déplaise aux fans de la première heure, les Alien, qu'ils soient réalisé par Ridley ou par ses successeurs, n'ont jamais été très audacieux scénaristiquement parlant. Alien (le 1 notamment) se remarquait surtout par l'ambiance et l'univers mythologique qui s'en dégageaient, ce fameux huit-clos angoissant. Et c'est en cela aussi que ce film s'avère être un peu décevant. Certes l'ambiance existe, les codes décoratifs sont là mais la tension ne tient pas. On reste sur notre faim. 

Mais ne cachons pas notre joie tout de même. Ce film mérite d'être vu - pour ces effets spéciaux garguantuesques, Cameron n'a qu'à bien se tenir, l'univers qu'il dépeint et sa musique.

Oh oui, la musique est particulièrement bonne et les tambours angoissants de la bande annonce ne sont rien en comparaison de l'univers sonore présent dans le film. 

Bref, on se remate la franchise Alien ?

dimanche 26 février 2012

Après 4 mois d'interruption le blog reprend du service. Bref, commençons par Polisse vu dernièrement.


Polisse
Maïwenn
2011

"Le cinéma français n'est pas mort"

Le cinéma français n'est pas mort quoiqu'en dise Matthieu Kassovitz, il est bel et bien vivant. Maïwenn confirme ici son acuité pour la réalisation.

Les acteurs, de véritables bêtes de scène, sont tous impressionnant. Que ce soit Marina Fois, Karine Viard, et bien sur Didier Morville (alias Joey Starr).

Avec un sujet difficile le choix de découper son film en saynète dramatique permet ainsi de representer la diversité des activités des policiers que l'on suit mais aussi de rendre palpable la dimension humaine, la difficile séparation entre vie pro et vie privé. 

Le seule défaut majeur du film est l'égo de sa réalisatrice. Il est entendu qu'un film contient une part d'intime, que chaque réalisateur ajoute une pincée de lui dans ses réalisations. Mais avec Maïwenn, c'est maladif. Elle ne peut s'empecher de se mettre en valeur, de faire d'incessantes mises en abime de sa propre situation.

Elle filme les acteurs non pas comme des artistes, des professionnels, mais comme des amis, des amours. Cela est particulièrement remarquable avec Joey Starr, qui est filmé avec un . On ne peut s'empêcher de penser que Maïwenn manque d'un brin de maturité. A fleur de peau, on ne lui enlèvera pas sa sincérité par contre.

Cette sincérité est aussi ce qui fait la réussite de ses deux derniers films (Polisse, Le bal des actrices). Un défaut qui s'avère être un gage de qualité, un gage d'authenticité.

Bravo.



vendredi 18 novembre 2011


Forrest Gump
R. Zemeckis
1994

"Quel talent."

Le gros, le grand Forrest, adulé des milliers de fois, garde-t-il, en 2011, cette fraicheur et impertinence qu'il avait dans les années 90s.

Avant toute chose, le générique du début annonce la couleur : la réalisation va être soignée.

Il faut voir ce film comme un fable. Une incroyable histoire que nos parents nous contaient au chevet de notre lit étant enfant. C'est agréable, ça fait sourire, mais c'est surtout rempli d'émotion. 

Ce film est connu, reconnu et archi-rabâché, pourtant le revoir provoque chez moi autant d'émotion et de joie me semble-t-il que lors du premier visionnage. Lorsqu'un film est d'une cohérence incroyable, que tout semble être en harmonie, on pense généralement au génie du réalisateur. Dans ce film, bien que la réalisation soit excellente, le grand génie provient d'un homme : Eric Roth. L'homme est le scénariste de ce film (également d'Ali, Munich).

A travers les yeux d'un simple d'esprit, on (re)découvert l'histoire contemporaine de l'Amérique. Du KKK à la chute du communisme en passant par la naissance de la société agro-alimentaire aujourd'hui omniprésente : Apple.

Quel talent.

N'allons pas par 4 chemins. Tom Hanks est aussi garant de la beauté du film. Tom Hanks, bien sûr mais aussi Gary Sinise. D'ailleurs, l'un des meilleurs second rôle du cinéma Américain.

Je n'ai guère envie de m'étendre sur le sujet. Lorsque le film est bon, il faut le dire. C'est tout.



mercredi 12 octobre 2011


La guerre est déclarée
Valérie Donzelli
2011

"Réalisé simplement, l'immersion est pourtant totale."

Liberté.
Mme Donzelli réussi là où de nombreux ont échoués, réussir à émouvoir avec une histoire d'amour, l'histoire d'une lutte permanente contre la maladie sans jamais être dans l'apitoiement, le regret ... Réalisé simplement, l'immersion est pourtant totale. On est là, avec eux, en toute intimité. C'est beau.

Si l'on compare "La guerre est déclaré" à de nombreux films français sorties récemment ("Tomboy" par exemple), le jugement est sans appel : meilleur, réussi, immense. Donzelli réussi là où Sciamma échoue : construire un récit sensible, drôle et touchant.

Car ce film, au delà de sa tristesse inhérente au sujet, nous fait rire, presque trop d'ailleurs. Chacun des personnages en jouent et le jouent à merveille. De la mère bourgeoise à la famille lesbienne, tous poussent le film dans le même sens, vers un seul et même objectif : montrer le sourire dans le combat. Ne pas s'apitoyer, combattre même si cette lutte s'avère vaine - apriori.

L'intelligence de la réalisatrice ne s'exprime pas seulement dans la direction d'acteur. En effet, une des grandes qualités du film se situe dans l'écriture de l'histoire, concevoir des relations émotionnelles, des métaphores. Le montage embelli d'autant plus le travail de la réalisatrice. Certains montages (association de la course à pied et de la répétitivité de l'acte médicale), simple et naif en apparence, prennent tout leur sens au fur et à mesure que le film se développe.

Vous voulez regarder un film sensible qui émeut vraiment ? Retenez "La guerre est déclarée" dans votre mémoire de cinéphage.

dimanche 31 juillet 2011


Les chiens de paille - Sam Peckinpah - 1972

Synopsis : La méchanceté est parfois mal repartie lorsque l'instinct animal prend le dessus.

La principale force du film c'est, dès les premières images, d'instaurer une ambiance. Malgré l'apparente légèreté du premier tiers, le film fait ressentir au spectateur, avec subtilité la lourdeur du film.

Les acteurs sont pour beaucoup à la réussite du film. Chacun joue avec brio le rôle que le réalisateur a bien voulu leur donner.

Le réalisateur par la scène du viol montre frontalement ce qu'il met en place depuis les premier instants du film, à savoir, installer chez le spectateur un malaise, le tromper, l'emmener ailleurs. De cette façon, très habile mais peu chaste, il enlève au film tout espoir d'entrevoir un manichéisme systématique dans les films US de l'époque. Cette scène est troublante, chocante diront certain, mais dévoile des émotions inavouées et brise la morale que tout un chacun a. Briser les tabous, faire éclater la bien-séance pour nous interpeller voilà le génie du film. Gaspard Noé n'a qu'à bien se tenir.

Doucement mais surement, l'ambiance monte, pour finir en apothéose. Une explosion de violence, un déferlement de haine dont on perd presque l'origine. On comprend alors que le réalisateur souligne ici, non pas un excès de violence, mais un excès de silence et soumission, une rebellion contre l'ordre établi, une fronde brutale et sans cause contre l'environnement.

Film sans concession. Film à sensation. Film dénué de sens surtout.

mercredi 11 mai 2011


Irreversible - G.Noé - 2002

Synopsis : Ca commence dans le sang, ça finit sur la pelouse.

Immense. Ce film n'est rien d'autre que l'un de ces évènements cinématographiques vécus dans une vie qui reste gravé à jamais. Oui, vraiment, à jamais. 

Ce film provoque, choque. Par le fond. Par la forme. L'entêtement du réalisateur va jusqu'à intégrer dans la première partie du film des sons basse fréquence susceptible de provoquer des vomissements. Intègre et non intégrisme. Ce film n'est rien d'autre qu'une représentation cruelle d'une horreur quotidienne sans fard et comme unique principe moraliste : le Talion.

Par ses effets de style, son ajout de son psyché et l'horreur qu'il nous décrit, ce film n'a qu'une ambition : nous faire réagir. Par le dégout, par la haine ... Ce film n'est rien d'autre qu'un pretexte pour vociférer sur l'horreur humaine et ses comportements abjectes et non sur sa représentation fictive et pourtant si réaliste.

Les longs plans-séquences nous enferme dans un univers cloisonné dont on ne peut pas sortir et qu'il nous faut affronter. C'est une fois de plus un procédé qui permet au film d'être oppressant et nous mettant mal à l'aise à tout instant. La caméra est comme un spectateur qui regarde sans jamais être acteur de ce qu'il se joue devant nous yeux. Une forme de lâcheté filmé et personnifié.

Il sera temps de rétablir un vérité aussi : Irréversible n'est pas SEULEMENT qu'une scène de viol insupportable. La dernière partie, surement la plus cruelle si on la met en perspective avec la première partie du film, nous permet de saisir la beauté d'une relation amoureuse, sa complexité, sa simplicité. Ses coups bats, ses mensonges, ses moments de vies. En bref, ce film nous montre la vie dans tous ses états au plus proche du réel.

Irréversible n'est rien d'autre qu'un conte pour adulte qui commence dans le viol et finit dans l'amour. 

Cassel, Dupontel, Belluci sont admirables, inutile de le dire.

Fustigiez, vociférez, vomissez, peux m'importe, Irréversible est une chef d'oeuvre, quoique vous en dites. 

jeudi 31 mars 2011


Jacob's Ladder (L'échelle de Jacob) - Adrian Lyne - 1991

Synopsis : Un postier attaqué par de terrible coup de folie. Folie ou rêve ?

Film relativement peu connu pourtant, c'est surement le meilleur d'Adrian Lyne, réalisateur de Flashdanse ... Ne partez pas tout de suite.

Autant le dire tout de suite : ce film est beau. Sa complexité n'est qu'un pretexte pour installer le spectateur dans un trouble encore plus profond. Les images et les ambiances sonores permettent de fixer le film dans le genre, comme le font l'ensemble des réalisateurs d'horreur. Mais ici, un autre élement ajoute de la tension permanente : le scénario. Le fait que l'on ne détienne pas l'ensemble des cartes afin de reconstituer l'histoire nous immisce un peu plus dans le film. D'ailleurs l'essentiel n'est pas de saisir l'intrigue de fond : le pourquoi de ces troubles, empoisonnement, complot etc. mais de saisir le parcours d'un homme, son combat contre ce mal. Toute la différence est là. Car la soit-disante drogue symbolise de façon général le soldat américain, la guerre, la férocité, etc.

 Des nombreux films savent saisir une intrigue, un mensonge d'Etat mais sans jamais atteindre un niveau de symbolisme et d'immersion que peut avoir ce film. 

La découpe hachée du film en flash-back permanent tient le spectateur en haleine. Le montage sonore est d'une impressionnante qualité, en surprenant, agaçant voire même en dérangeant les spectateurs.

Les quelques plans du Viétnam qui entrecoupent le film sont d'une tension folle. Il ne montre presque jamais Jacob combattant, peu de soldats sont visibles pourtant on ressent l'atrocité. C'est beau car rare. Dans le fond, avant d'être un film sur les méchants colonels américains, sur le traumatisme post-Viétnam, sur les saletés d'expériences américaines pratiquées sur le terrain, c'est tout simplement un film sur la guerre du Vietnam. Un bon film de guerre avec des soldats à la retraite.

La performance de Tim Robbins et d'Elizabeth Pena est remarquable.

lundi 14 mars 2011


A Dog Day (Un après-midi de chien) - 1976 - Sidney Lumet

Synopsis : "Je veux un hélicoptère pour partir en Algérie ! Vous connaissez l'Algérie hein ?" "Non"

Pour commencer, on peut remarquer l'imbécilité des communicants français des années 70. La traduction du titre du film est aussi laide qu'hors-propos. L'expression "A dog day" en anglais exprime une journée de grosse chaleur, rien à voir avec une journée à caractère canine. Bref, l'important est ailleurs.

Le film de Lumet est très bon à plusieurs niveau. Tout d'abord, il prend le contre-pied de bons nombres de film de braquages de banque. Le scénario tiré d'une histoire (incroyablement) vraie est désopilant. Parfois, on se demande vraiment si ce film n'est pas une mauvaise comédie tellement les situations sont chocantes de stupidité. La transformation de Pacino tout au long du film est impressionnante à voir. Toute la subtilité d'un Pacino s'exprime ici sans fard ni paillette. Il est tout de même intéressant de remarquer l'obsession de Lumet à réaliser des films "sans action". Ses films repose seulement sur la qualité de jeux de ses acteurs (à voir absolument : 12 agry man) et la façon d'amener une histoire qui se résume en trois ligne dans la longueur et avec une vraie intelligence.

La stupidité évoquée précédemment permet au film de porter un jugement pertinent sur l'action des médias et de la police sur la population et les conséquences de ses actes. Le film ne se contente pas non plus d'apporter un jugement moral et bien pensant. Au contraire, il brouille le spectateur afin qu'il se pose lui même les bonnes questions. Est-ce vraiment vrai ? est-ce possible que cela soit aussi simple ? les otages ont ils réellement fait ceci ou cela. A toutes ses questions, la réponse semble être malheureusement oui. Le dispositif cinématographique permet d'amplifier ce trouble notamment en nous montrant de faux préparatifs d'avion et une fausse coopération policière. 

Au delà d'une critique médiatique et policière grossière, Lumet met en lumière deux autres problèmes : le syndrome de Stockholm et la méfiance de l'homosexualité. Cette dernière est peut être un peu grossière et exagérée mais à le mérite d'exister, surtout lorsque l'on pense que le film est sorti en 1976. 

Film intelligent, acteur performant. Bon film. Bien joué Lumet !





Liaisons dangereuses - Stephen Frears - 1989

Synopsis : "Hé bien ! La guerre." Lettre 153, Marquise de Merteuil.

Classique de littérature ! Classique du cinéma ? La réponse est clairement positive. Le film possède les caractéristiques remarquables d'un grand film. Les acteurs tout d'abord. Une panoplie de vedette en tout genre : Thurman, Malkovitch, Pfeiffer, Reeves (tout jeunot !), Close. Bref. La performance est surtout là. 

L'ensemble des acteurs permettent de sublimer le texte écrit de Pierre Ambroise François Choderlos de Laclos. Notamment une scène magique entre Malkovitch et Close (Vicomte de Valmont : (...) le moindre obstacle mis de votre part, sera pris de la mienne pour une véritable déclaration de guerre : vous voyez que la réponse que je vous demande, n’exige ni longues ni belles phrases. Deux mots suffisent."). Scène à forte tension où l'on peut saisir le subtile jeu des acteurs et non pas une récitation parfaite de belle littérature.

De plus il est clair que les décors sont irrésistibles. L'oscar gagné est vraiment mérité. On s'y croirait tellement que même les coiffes des personnages est crédible et parait après quelques minutes "normales". Cependant on peut tout de même reprocher à cette parfaite reconstitution un manque de souffle. On est littéralement étouffé par cette époque, ses personnages de livre d'histoire et ses dialogues théâtralisés. Une réalisation plus libérée du carcan romanesque aurait pu être la bienvenue. Il faut s'accrocher, vraiment. La démarche (et uniquement la démarche !) artistique du remake contemporain (Sexe intention) est selon moi bien plus intéressante bien que le film soit clairement raté.   

Enfin le scénario a cela d'original qu'il est tiré d'un roman épistolaire. Il est donc évident que la performance artistique du scénariste est ici plus impressionnante que de créer un univers et une histoire de toutes pièces. Mais la difficulté n'est en rien gage de qualité. La difficulté ou l'audace ne peut être loué que lorsque le résultat final est à la hauteur des espérances. Ici, ça l'est.


vendredi 18 février 2011


Les beaux gosses - Riad Sattouf - 2009

Synopsis : Le rap, le rock, c'est bien. Mais c'est mieux avec des sentiments.

L'affiche, le thème, la bande annonce, rien ne laissaient présager (hormis peut être la selection à Cannes) un film interessant. Pourtant, d'une il l'est, intéressant, mais il est bien plus. Bien plus drôle que les Boonerie (cf. Article précédent), bien plus intelligent que la plupart des films ayant une once d'analyse sociale. Il n'essaye pas de faire une énième comédie juvénile rabattue des dizaines de fois et trop souvent ridicule, débile, ulcéré d'idées reçues mais simplement montrer certaines crétineries effectués durant nos plus jeunes années avec nuance, naïveté (certes !) mais sans trop de finesse non plus.

Ce qui frappe est d'abord son coté intemporel, pas de génération SMS, pas de Facebook. Juste des bandes de jeunes différents par leur courant musical et leur attitude en classe très symptomatique (on collerait un certains nombres de noms qui nous est familier sur les élèves/professeurs de la classe !). Ce film n'essaye pas non plus de rendre un hommage raté ou une légitimité, une singularité à une région (Bretagne) en la ridiculisant. Rennes, la ville dans lequel se déroule le film, n'est ici qu'un prétexte afin de s'éloigner du cliché parisien, banlieusard. Enfin un film français loin de Paris, du hype et des paillettes. Simplement deux jeunes, coincés dans leur lycée et leur puberté grandissante qui apprennent l'amour et les baisers, en passant par la redoute et la glace de la salle de bain, entre autre. 

La réussite de ce film tient aussi par une réalisation juste. C'est filmé parfois à la façon d'un documentaire en milieux scolaire premettant ainsi de rendre l'ensemble plus vrai, naturel, sans fioritures. 

Au délà d'un film ayant un sens et quelque chose à dire, c'est surtout et avant tout, un film drôle. Très drôle. Certaines scènes sont dignes des plus grandes poileries cinématographiques françaises.

Le jeux des jeunes acteurs est parfois excellent aidé par des répliques cinglantes mais parfois nettement plus approximatif tout de même. La grosse performance d'acteur selon moi, n'est pas comme on peut le penser de prime abord, les deux ados (très bons tout de même), mais la mère du dit Hervé. Noémie Lvovsky réalise une performance géniale, elle pétille, joue à merveille. Enfin une mère de famille non déprimée dans les quartiers populaires !

Aussi, j'allais oublier, la musique est peut-être même meilleur que le film ... Besoin d'en rajouter ? 

Fondu au noir, générique, clap, clap, et sourire. Un bon bol d'air frais.

dimanche 2 janvier 2011


The big Lebowski - 1998 - Frère Cohen

Synopsis : Le duc doit se dépatouiller avec 1 millions en petite coupure, un tapi et un concours de bowling. Dur.


Il y a des films qui sortent des sentiers battus par une réalisation soignée, des acteurs magistraux, un scénario renversant, ou tout simplement comme dans le Lebowski une légèreté et un soin à la mise en scène incroyable.

Sans artifice, les frères Cohen nous raconte l'histoire d'un mec sans histoire qui est à la poursuite de quelque chose qui n'existe pas : hum excitant, n'est-ce pas ? Pourtant, c'est bien là le plus grand atout du film, sa simplicité, pas de retournement de situation rocambolesque juste une idée de film qui suit son cours sans prétention de faire un grand film, juste un divertissant intelligent, bien écrit, et fichtrement marrant.

Les scènes de rêves peuvent paraitre kitch mais elles sont réalisées avec un second degrés propre au frère Cohen.

Les acteurs, bien sur Jeff Bridges mais surtout John Goodman, réalisent une performance géniale. Bien que caricatural le personnage du Duc est dense et plein de poésie, parfois grave mais surtout m'enfoutiste, il s'avère avant tout délicieux de singerie et de nonchalance.

Les Cohen sans y croire et reprenant l'idée d'un film qui fut retentissant pour son non-succès, Le grand sommeil, réalise un film surprenant, drôle et jusqu'au boutiste.

vendredi 12 novembre 2010


The social network - David Fincher - 2010

Synopsis : Un gamin, une histoire amoureuse gâchée à la base, un génie, Facebook nait.

Au départ, il y a une annonce, une bande annonce tendance, un annonceur : Fincher, et Facebook. Bref rien d'alléchant.

Pourtant rien de plus excitant que ce film. Aucune action, des dialogues incroyablement lucide, de la justesse dans les acteurs, une réalisation au cutter. Il a y a bien longtemps qu'un film apparemment sans saveur s'avère brutal, impoli et finalement génial.

Jesse Eisenberg a surement un des rôles de sa vie, véritable "petit con", il joue le génie de Mark avec talent et justesse. 

La musique, partie intégrante du film, fait écho au image, au dialogue parfois brutaux et donne un sens à ce que l'on nomme sans vraiment le définir : l'ambiance. Car ce film possède réellement, et c'est assez rare pour le souligner, une ambiance propre. C'est un ensemble qui se parle et se répond dans un seul but : l'intérêt du film et de son parti pris.

Au delà du dialogue du film, son ton irrévérencieux, c'est l'application de Fincher de faire un film propre,  sans rature qui donne cette image polie, lisse presque chirurgical à l'ambiance.

Je recommande chaudement. 

Rien à dire. A voir.

samedi 6 novembre 2010


Nos enfants chéris - Benoit Cohen - 2003

Synopsis : Dans les allés du supermarché tout commence, le début d'un nouveau départ.

Une bonne tranche de rigolade dans ce film teinté d'humilité, d'amertume et de bons sentiments. L'ensemble des acteurs sont exquis. Exagérant leur jeux pour l'effet comique, la direction d'acteur reste impeccable et sans bavure. L'ensemble des acteurs sont justes. 

Romane Bohringer est belle (caractère bien trempé, physique avantageux, justesse de ton, la folie & l'humour en plus) dans tous les sens du terme, son exubérance rend au film une intensité rare dans des comédies.

Le scénario est souvent  improbable mais allant pair avec l'exagération des situations comiques comme des coup de nerfs des différents personnages. Le parti pris du réalisateur est cohérent et beau. 

La musique sans se faire remarquer installe un climat de mélancolie dans une comédie parfois grasse.

La seule véritable critique serait peut être le manque de folie, dont le film use durant tout le film, dans la fin en somme toute classique. Mais paradoxalement, ça rend le film plus digeste, insuffle un sens, une belle fin en soit.

mercredi 27 octobre 2010


Le concert - Radu Mihaileanu - 2008 

Synopsis : Tu n'iras pas voir le Bolchoï, le Bolchoï ira te voir, et pan!

Parfois émouvant, souvent drôle, quelques fois à la limite du ridicule, Le concert se démarque par son envie de se surpasser, de ne pas céder au mélodrame TF1, d'assumer son exubérance tout en gardant son intégrité.

Les acteurs, surtout les Russes, sont magistraux. D'ailleurs le plus grand défauts du film vient des acteurs "Français connus". Mélanie Laurent déçoit grandement, elle n'émeut guère. Berléand est quant à lui, comme à son habitude, drôle, con, moche, vulgaire, Français devrais-je dire. 

Le scénario nous ballade, à coup de violon survolté, et nous dupe pour nous dévoiler un témoignage fort, poignant qui nous interroge sur nos valeurs et nous renvoi à "notre" histoire.

La magie de la musique classique est là, on est littéralement scotché à notre siège. 

Que dire, on n'est pas devant un chef-d'oeuvre, mais l'essentiel est là. Simple mais divertissant.

En sommes, un beau film.

vendredi 17 septembre 2010


Notre jour viendra - Romain Gavras - 2010

Synopsis : Deux hommes, une question : que faire pour exorciser notre mal ?

Habitué au format court (clip divers), Romain G. nous livre ici son premier long métrage au allure d'acte "gratuit" et violent. Finalement, il n'en est rien. Le film ne choque pas - Ah ce n'était pas la raison du film ? Ok. Rien ne semble être "à la limite". Le fait d'être exposer à des images continuellement nous rend-t-il blasé ? La question n'est pas là!

La réalisation est belle. Très beaux plans filmés avec un talent indéniable. 

Mais le teaser n'était il pas meilleur que le film dans le fond ? On s'attendait à "quelques choses" de plus complexe, violent, dramatique; c'est juste un peu abscons, parfois gratuit mais vraiment excitant.

La performance d'acteur, notamment un Cassel malsain et désenchanté, est belle. Les dialogues, de la première partie, sont efficace et fichtrement marrant.

Le principal défaut du film, à mon gout est son inégal tension dramatique. Passant du coq à l'âne, après 1 heure film, on attend que cela explose, puis finalement rien vient. Barth se coupe les cheveux puis devient fou. Le film se perd au fur et à mesure que Cassel devient inexistant et que Barth prend le dessus.


Un peu déçu, puis finalement, on y réfléchissant, ce film reste la marque d'un renouveau français. Une nouvelle vague à la Kourtrajmé. De belle années nous attendent alors.

lundi 6 septembre 2010


Alien 3 - David Fincher - 1992

Synopsis : Atterrir sur une planète-prison. Se battre au coté de prisonnier. La lutte sera plus dure qu'elle n'y parait pourtant.

Tellement décrié, même renié par son réalisateur, ce film pourtant est un des Alien les plus réussis.

Sigourney Weaver réalise là un performance difficile, loin d'être balourde, elle joue avec mesure et application. Ses 2 coups précédents lui auront surement été d'une évidente utilité. Mieux maitrisé, plus clame, elle prouve une fois de plus qu'elle est une grand actrice, s'il fallait encore le faire.

Fincher, quant à lui, réalise un film propre, soigné avec un minimum de tension et d'implication émotionnelle. C'est sûr, n'escomptez pas avoir peur dans ce numéro. Ni même voir Sigourney dans une scène de sexe torride, ou bien encore voir du sang gicler toutes les 5 minutes. Non. David Fincher, s'intéresse à son histoire et la narre calmement, sans aucune précipitions. Il n'en rajoute pas. Un film de jeune premier dans un sens. Normal, c'était son tout premier long-métrage.

L'ensemble des seconds rôles, les prisonniers, sont tous remarquables tant leur prestation est géniale. On en vient à les trouver sympathique malgré tout.

L'Alien est assez beau tout même.

mercredi 18 août 2010


Any Given Sunday - Oliver Stone - 1999

Synopsis : 11 hommes, 1 jour, plusieurs matchs.

Oliver Stone signe un film d'exception. Eprouvant, égoïste, hautain, vrai, exagéré, le film prend une position d'authenticité quitte à froisser quelques égos. 

L'ensemble des acteurs réalise une performance rare; Cameron Diaz, Al Pacino survolent cette comédie dramatique - si je peux appeler ça ainsi - avec un talent indéniable.

Le montage acéré, rapide peut paraitre déroutant tant le mélange d'image, de son, de musique, rend le film parfois à la limite de l'incompréhensible. 

Exercice de style, plaisir coupable, qu'importe la motivation de Stone lors de la réalisation de ce film, il signe un grand film de football avec l'ensemble des caractéristiques sportives parallèles : l'émotion, l'effervescence, l'argent, les égos, la loyauté et la solidarité.

Bravo. Merci. Aurevoir.


mercredi 11 août 2010


A tombeau ouvert - M. Scorsese - 1999

Synopsis : Ambulancier n'est pas un métier de tout repos. Non. Surtout lorsque l'on voit les fantômes de ses morts.

Martin signe ici un film tout en brutalité, vitesse, brouhaha reprenant bien, à mon avis, le quotidien de ses hommes et femmes affairés à rouler à toute berzingue dans leur camions clignotants. 

Le montage, ainsi que la musique (juste magnifique, du rock, du vrai) apporte ici un regard différent sur ce milieu souvent idolâtré mais jamais vraiment compris.

Cage signe, comme souvent, un homme à bout de souffle, alcoolique, en manque d'amour. Un role qu'il joue avec talent et retenu, n'en faisant jamais trop. 

Ce film est surtout, en fin de compte, un exercice de style surtout, loin d'un film qui porte une morale, une dénonciation. Dommage.

lundi 9 août 2010


A Love Song For Bobby Long - Shainee Gabel - 2006

Synopsis : Bobby Long est un ex-poète, ex-professeur, ex-mari, ex-papa, et accessoirement alcoolique.

Quelle atmosphère. L'Alabama prend vie sous nos yeux durant 2 heures. Sa musicalité est omni-présente, sa brutalité l'est tout aussi.

L'oeuvre de Capps (écrivain, dont le livre est issu) doit être impressionnante tant le film transpire (et apparemment s'inspire) de l'émotion littéraire. Ponctué de citation de poète, le film prend de la hauteur à défaut de tomber dans la prétention de faire un film "poétique".

Les acteurs réalisent ici une performance qui fera date, pour moi en tout cas. Scarlett J. se dévoile un peu plus, John T. exprime tout son potentiel d'acteur dramatique. 

Le seul reproche : la linéarité du scénario. Rien de surprenant, tout semble couler comme l'encre qui écrirait sa propre histoire. 

J'ai envie de m'y replonger tout de suite.